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 l'influence d'autrui sur la performance 29/01/07

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cioute

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Nombre de messages : 10
Date d'inscription : 31/01/2007

MessageSujet: l'influence d'autrui sur la performance 29/01/07   Mer 31 Jan - 20:02

Partie I : l’influence sociale
L’influence d’autrui sur la performance

Nous allons voir au travers de différentes expérimentations l’influence d’autrui sur la performance, le travail. Ainsi est-ce que le travail collectif a un effet sur les performances individuelles ? Il existe deux orientations :

1ere orientation : la facilitation sociale de Triplett, 1897 ; l’expérience de Triplett consistait à enrouler la moulinette d’une canne à pêche le plus vite possible ce qu’on peut considérer comme étant une tâche simple. Or dans le cas d’une tâche simple on va voir l’effet de la facilitation sociale qui signifie que la performance individuelle est meilleure lorsque les sujets sont placés en situation de coaction compétitive. Suite à Triplett beaucoup d’études vont être réalisées (association de mots, détecter le nombre de voyelles dans un texte…).

- 2eme orientation : montre l’effet contraire, la coaction compétitive gêne la performance.
En fait l’effet de la coaction compétitive, de la présence d’autrui, dépend de la tâche demandée ; la 1er orientation concerne plus les tâches simples alors que la 2em orientation concerne davantage les tâches complexes qui font appel à la créativité (rédiger une dissertation par exemple). Alors pourquoi un tel constat ?

Zajonc (1965) : théorie de la tension motivationnelle ou « théorie du drive »La présence d’autrui élève le niveau de tension de l’organisme et favorise ainsi l’expression des réponses dominantes au détriment des réponses subordonnées (celles pour lesquelles il faut se creuser la tête).
Il tente de valider cette hypothèse expérimentalement : il propose des mots de 5 lettres sans signification, sachant que certains mots apparaissent plusieurs fois (réponse dominante) et d’autres une seule fois (réponse subordonnée), il y a donc un apprentissage. Puis il passe à une tâche de reconnaissance (exposition rapide des mots sur un écran, pas le temps de lire), le sujet doit énoncer le mot qu’il pense avoir vu, ce travail était fait soit seul (situation solitaire) soit à plusieurs avec un écran pour chacun (situation de coaction).
Résultats : les individus reconnaissent mieux les mots à fréquence élevée dans la liste et d’autant plus en présence d’autrui (corrobore l’hypothèse de Zajonc). La présence d’autrui favorise l’expression des réponses dominantes → facilitation sociale.

L’effet inverse : la paresse sociale de Ringelmann, 1884
Il travail aussi sur des tâches simples comme tirer le plus fort possible sur une corde. Quand les sujets sont seuls ils tirent plus fort, et plus ils sont nombreux moins ils tirent fort ; donc la performance est meilleur lorsqu’un sujet est seul que quand il y a coopération.
Critique : pour tirer sur la corde à plusieurs il faut synchroniser les forces de chacun (coordination).

Latane, Williams et Hatkins (1979) : théorie de l’impact social
Ils reprennent l’idée de Ringelmann, ils demandent à des individus enfermés dans une pièce de faire le plus de bruit possible en criant et en applaudissant, il y a plusieurs schémas (1, 2, 3, 4…sujets) et la quantité de bruit émise est mesurée en décibels ; chaque sujet a les yeux bandés (donc impossibilité de savoir combien ils sont dans la salle) et a un casque sur les oreilles dans lequel il y a le bruit émis par 6 personnes, ainsi il n’y a pas de contrôle sur la performance, le bruit autour.
Résultat : plus l’individu pense être accompagné moins il a tendance à faire de bruit et vice versa.
Théorie de l’impact social : dans toute situation expérimentale, l’expérimentateur serait source de l’impact social qui est le pouvoir qu’on a d’obtenir ce qu’on demande à autrui (dans la vie quotidienne on est tous source et cible) ; or plus la taille du groupe augmente plus cet impact se dilue.












Intégration des 2 phénomènes, Jackson et Williams (1985)
VI 1 : tâches de type labyrinthe : labyrinthes simples et complexes
VI 2 : situations : seul/coaction/coopération
Lab. simple : seul (- rapide) <coaction> coopération (- performant)
Effet de facilitation sociale
Lab. Complexe : seul (+ rapide) > coaction < coopération (+ performant)

Les individus sont plus performants en situation de coaction pour les tâches simples (réponses dominantes) et en situation de coopération pour les tâches complexes (réponses subordonnées). En condition coopérative (collective) la présence d’autrui va baisser la tension motivationnelle et augmenter les réponses subordonnées.


La psychologie sociale est avant tout une discipline où on utilise l’expérimentation ; quelque soit le type de tâche et la situation, l’ensemble de ces expériences montre que la simple présence d’autrui a un effet sur soi (beaucoup de recherches).
3 types de recherches correspondent à 3 types d’influences :
- situation où il n’existe pas de normes, de valeurs pré-établies (pas de réponse juste) : normalisation (création collective de normes, valeurs)
- situation où il existe une norme de jugement majoritaire : conformisme et soumission
- situation où l’influence est due à une minorité :étude des phénomènes d’innovation

La normalisation, Sherif (1935)
Que fera un individu dans une situation ambigu pr exprimer un jugement sans cadre de référence précis ? Et s’il y a plusieurs individus ? Est-ce que le cadre de référence collectif prend le dessus sur l’individuel ? La norme collective est elle plus forte que la norme individuelle ?
Autocinétique (effet d’optique) quand on fixe un point lumineux dans une pièce noire on a l’impression qu’il bouge. Donc pour l’expérimentation, on a une pièce noire, un petit trou dans le mur avec derrière une ampoule qu’on peut éteindre ou allumer. On dit à l’individu que la lumière va apparaître puis qu’elle va se déplacer, et on lui demande de combien bouge t’elle ? Chaque individu va passer 100 fois sur plusieurs jours et sur plusieurs séries d’évaluation.
Temps 1 : individu seul, il y a élaboration d’une norme personnelle et tendance à s’y tenir
Puis on refait l’expérience à plusieurs (3) et chaque individu donne son évaluation à haute voix. En groupe, élaboration d’une norme collective petit à petit (convergence)
Temps 2 : autre situation avec de nouveaux individus, on commence en groupe.
En groupe, élaboration d’une norme collective puis seul il y a maintien de la norme collective.
Il est important de préciser que les individus ne convergent pas vers une moyenne, donc les sujets n’ont pas tous le même poids (tps 1).
Caractéristiques de l’expérience : il n’existe pas de norme, de cadre de référence et pas de bonne ou mauvaise réponse, il y a peu d’enjeu pour les individus qui de plus ne se connaissent pas.
L’absence de moyenne témoigne d’une influence différente des individus, mais le processus de normalisation ne se résume pas à un leadership ; tout le monde bouge donc selon les individus participants les résultats seront différents.

Que se passe t’il si on change le statut d’un individu ou si les individus se connaissent ? On s’aperçoit que le phénomène de marginalisation ne marche pas toujours.
Lemaine, Desportes et Loire (1979): recherche sur le statut des sujets et sur la relation d’amitié.
Les individus se connaissent (même classe), on leur fait passer un questionnaire sociométrique (sur relations d’affinité) dans lequel on désigne par exemple les 3 personnes de la classe avec qui on partirait en vacances puis celles avec lesquelles on partirait surtout pas, puis on demande par qui il s’attendent à être choisi ou rejeté, ensuite il faut estimer le niveau d’influence dans les activités scolaires ou extrascolaires.
A partir de là, on forme des couples de sujets en fonction de 2 critères : celui de choix (mutuellement choisi dans le questionnaire) ou celui de rejet (contraire) ; à l’intérieur de ces couples il peut y avoir une différence hiérarchique (un est plus influent), il y a donc 4 types de couples différents :

Différence Hiérarchique
OUI
NON
Choix
OUI
NON


Sur une diapo pendant 2 secondes 300 points différents vont être projetés, et on demande à chaque individu d’en estimer le nombre, ensuite avec un tirage au sort truqué on va former des couples selon les conditions précédentes (4 types) et ils repassent la même expérience par couple chacun donnant sa réponse à haute voix.
On s’attend à ce que les individus qui s’apprécient convergent plus que quand ils ne s’apprécient pas, ça n’est pas le cas. On s’attend aussi à ce qu’avec la différence hiérarchique il y ait convergence, c’est plutôt le cas mais uniquement quand les individus ont des affinités. Finalement des facteurs comme le statut ou la relation d’amitié ont des incidences sur le processus de normalisation.

Lemaine et ses collaborateurs (1972) vont s’intéresser aux idéologies
Il va faire passer un questionnaire politique à des sujets naïfs et à des compères qui selon le cas vont dire qu’ils partagent ou pas les mêmes idéologies que le sujet naïf (VI). Ensuite le sujet et le compère participent à une expérience de type autocinétique, le sujet compère répond toujours après le sujet naïf et il fait soit une estimation proche/éloignée/très éloignée de celle du sujet naïf (VI).



Idéologie partagée Idéologie opposée
Estimations très éloignées Forte convergence maintien
Estimations éloignées Forte convergence maintien
Estimations proches maintien Forte divergence (dissimilation)

Le but de la dissimilation est de rétablir ce qui semble cohérent socialement. On ne devient un groupe que lorsqu’il y a d’autres groupes en présence (au moins symboliquement : groupe idéologie). Les rapports intergroupes sont importants.


Dans l’expérience de Sherif, pourquoi quand les sujets se connaissent et sont dans des situations ambiguës ils convergent ?
- interprétation de Sherif (1935) : processus intra individuel, les réponses d’autrui réduisent l’incertitude du sujet (c’est là-dessus que joue la propagande politique).
- interprétation de De Montmollin (1965) : quand l’écart est trop grand entre les individus, l’individu a tendance à ignorer les réponses d’autrui. C’est un processus intra individuel, le sujet agit comme un statisticien.
- interprétation de Moscovici et Ricateau (1972) : processus inter individuel, négociation implicite pour éviter le conflit (majorité des individus détestent le conflit).
- interprétation de Mugny et Doise (1979) : processus idéologique, science et consensus.
La tâche est présentée comme visant à établir un phénomène scientifique or une image très répandu de la science est consensus (tout le monde est d’accord donc c’est un phénomène réel)
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